

Le festival Fait Maison, temps fort dédié aux savoirs de la danse, revient pour une dixième édition qui met à l’honneur les danses du monde (danse coréenne, danses migratoires, danse tahitienne, danses traditionnelles, tarentelle), reflets de la diversité des pratiques et des esthétiques développées en studio. Autre thème cher à micadanses qui sera à l’honneur durant ces quatre journées : la danse et le handicap dans ses expressions artistiques et pédagogiques.
Au programme : des ateliers inclusifs (audiodescription, danse et rythmes, composition et improvisation), l’ouverture studio de la nouvelle création de Claire Durand-Drouhin accueillie en résidence, ainsi qu’un partage d’expériences, Le handicap à la conquête de l’espace, réunissant pédagogues et artistes complices.
Tout est gratuit, il suffit de réserver !


Qui n’a jamais été pris par la fièvre de la danse au son du mythique groupe suédois ABBA ? Leur musique propose des compositions versatiles et riches par ses ruptures rythmiques et sa construction non-linéaire. Le Jeune Ballet SANOS s’en empare dans cet ABBAllet riche de propositions stylistiques, où des mondes qui semblent opposés se rencontrent. Existe-t-il un espace où les oppositions s’accordent ? Où les dissonances s’harmonisent ?
Ici, le corps est vecteur du rythme, messager de l’émotion, véhicule de la raison, palais de la conscience. Une belle leçon de résilience !

Ce trio est le fruit d’un laboratoire conduit à micadanses en décembre 2025, au cours duquel Andrea Sitter a transmis et adapté le final de Etcetera, pièce pour 14 interprètes commandée par Didier Deschamps alors directeur du Ballet de Lorraine. Passer d’une pièce de groupe à un trio, marqué par l’engagement et la personnalité des interprètes, a été un challenge très stimulant dont on vous propose de découvrir le résultat.

À partir d’explorations en lien avec la poésie du Tout-monde, Sophie Ménissier vient déposer avec son groupe l’empreinte de ce qui s’est révélé pendant l’année sous la verrière du studio Noces, pour revenir à ce qui fait leur ancrage et leurs singularités. Tel un album de famille, chaque séquence porte la mémoire d’un moment. La pièce se compose comme un paysage mouvant, fait d’imaginaires partagés et de métissages. En renouvelant valeurs et héritages, sa danse poursuit le chemin qui mène des formes traditionnelles à leur réinvention contemporaine.

Entre le Bal et le Mal des ardents – ces références historiques où les danses collectives, processions et transes contagieuses annoncent des mouvements politiques inconscients – tandis que les immersions solitaires évoquent le chaos et la perte, comme des marécages engloutissants, on navigue par d’étranges détours intimes où chacun affronte son propre abîme. Chaque corps singulier prend le centre pour révéler sa flamme intérieure. Quête ardente de contacts renouvelés, sur une toile de fond d’abandon persistant.

Ce moment, le dernier que nous affrontons tous, sans exception.
Nous plions nos vies, fragiles,
En les froissant vers cet instant ultime.
Comment serons-nous purifiés ?
Comment serons-nous purifiés par l’autre ?
Je prie, sincèrement :
Ne sautez pas vos repas
Gardez-vous au chaud
Que la paix soit avec vous.

La folie, ou folie d’Espagne, est une danse du 17ème siècle. Mais serait-elle cousine de cette épidémie dansante observée à Strasbourg en 1518, et pourquoi pas de la Tarentelle née dans le sud de l’Italie au 18ème siècle ? Ces danses, qui ont inspiré cette création joyeuse et farfelue, rejoignent parfois la transe dans leurs rythmes endiablés et frénétiques. Bienvenue dans un voyage au travers de musiques baroques, traditionnelles et contemporaines qui conduisent aux limites de ce que chacun.e peut parcourir, rencontrer dans la danse. Exigence mais aussi danse à la portée de toutes et tous, danse de la fantaisie, de l’autonomie et du vertige. Cette danse-là, on l’aime à la folie !

Une immersion dans la richesse et la diversité du ‘Ori tahiti, héritage transmis de génération en génération en Polynésie. À travers la danse, les chants traditionnels ou les percussions, la culture tahitienne vibre. Cette présentation permettra de découvrir les deux principaux genres du ‘Ori tahiti : le ‘ōte’a, danse dynamique qui impressionne par la rapidité et la puissance des chorégraphies, et le ‘aparima, danse lente et profonde dans laquelle les danseuses interprètent et miment les paroles d’une chanson, où la gestuelle symbolique est souvent en lien avec la profusion de la nature, la vie quotidienne, l’amour et les émotions. Deux énergies opposées et complémentaires.

Au plateau, un groupe de vingt jeunes interprètes aux cultures, langues et parcours différents. Leurs gestes, leur présence et leurs interactions deviennent la matière première de cette création chorégraphique qui vise à faire émerger une nouvelle « danse du monde ». Une danse ancrée dans la société contemporaine, qui s’appuie sur la rencontre réelle des individualités plutôt que sur la juxtaposition de codes existants. Fruit d’un travail collectif vivant et évolutif au sein d’une formation d e six mois, elle met en lumière la richesse des différences et la capacité des corps à inventer un langage commun, offrant une représentation sensible et actuelle du monde.

Inspirée par les danses et les musiques de Gascogne, Hélène Marc propose une présentation vagabonde de suite de danses ; branle, congos, courante, bourrée, iosca, rondeaux, saut, jalonné par des échappées de danse contemporaine. Ce voyage donne à voir la richesse et la diversité tant musicale que chorégrapique de ces danses.

À l‘abri de la lumière se révèle des moments éphémères, cependant leurs intensités créent des discrètes vibrations. La danse se reflète dans les lieux profonds et les sensations tissent des parcours irisés. Découvrir ce qui se cache derrière l’ombre : creuser la matière, assouplir le sol, suspendre la tension, changer les profondeurs. Souhait ou réalité ?
rencontre animée par Emerentienne Dubourg, conseillère artistique de micadanses

Il s’agit d’un espace de parole et d’échanges autour du handicap comme plus-value – facile à dire quand on ne l’expérimente pas au quotidien – dans la vie réelle et dans ce qu’on imaginerait faire d’inaccessible… Ces personnalités et ces destins vont nous le prouver. Des corps et des énergies pas comme les autres vont nous donner des moyens d’approcher un handicap à la conquête de l’espace, du mouvement, de la pratique chorégraphique… Car même si la société aménage beaucoup de choses, il faut sauter les obstacles et contourner les empêchements. Nos invités en ont fait l’expérience. Ils dansent… et font danser !

Cet atelier chorégraphique commencera par une barre au sol contemporaine. Le sujet du handicap sera ensuite abordé à travers le solo de Jeanne Borgel, Et Alors ?, qui parle de souffrance et de rejets. Il exprime une colère, un message : l’importance d’accepter les personnes en situation de handicap et les laisser libres de faire ce qu’elles aiment. Le handicap, c’est un combat. Pour réussir ce que l’on aime faire, il faut se battre encore plus.
Les participant.e.s aborderont la colère à travers une chorégraphie. La liberté à travers une improvisation libre et dirigée.

En expérimentant la synchronisation du souffle et du mouvement, fondement de la danse traditionnelle coréenne, les participant.e.s auront l’occasion de se recentrer sur eux-mêmes. Cet atelier invite également à une réflexion sur la formation des frontières entre soi et autrui, leur dissolution et, en fin de compte, la possibilité de ne faire qu’un.

Depuis quelques années, Julie Compans transmet la danse à des personnes aveugles et malvoyantes par le biais d’audiodescription. Elle utilise les mots et diffuse sa voix dans leur casque lors de spectacles. Quand cela est possible, elle encadre et mène des ateliers en amont de la représentation pour leur faire éprouver certains mouvements de la chorégraphie afin de leur permettre d’entrer dans une expérience corporelle et sensible.
Cet atelier sera une sorte de plongée dans son univers, une manière de glisser sous la surface du geste, de déplacer le regard et de jouer avec d’autres perceptions pour entrer en relation avec l’espace et les autres.

Cet atelier est inspiré par le spectacle inclusif Les Oiseaux, où se mêlent composition, improvisation, exploration, acceptation et écoute de l’autre. Un moment suspendu, qui tend vers la liberté des corps. Un pont entre nous, les autres danseurs et le public.
Regarder différemment ce que peut un corps quand il se met en mouvement avec d’autres. Repenser les notions de performance et d’égalité. Entre danse libre guidée et travail
chorégraphique à la fois virtuose, ludique
et exigeant, la pédagogie de Mourad
Bouayad s’adapte à chaque élève, à son
niveau comme à son désir. Elle est portée
par une conviction profonde : la danse
doit avant tout rester un jeu, un espace de
liberté et de plaisir.

Cet atelier puise sa source dans la Danse Rythme Thérapie (DRT) et s’inspire de l’expression primitive de France Schott Billmann. La Danse Rythmée est une danse ludique et joyeuse qui utilise des gestes symboliques répétés sur des percussions et des musiques du monde, accompagnés par la voix.
Venez découvrir cette pratique proposée par Lison Le Magueresse, docteure en pharmacie et danseuse certifiée Parkidanse©️, une méthode de DRT créée par Svetlana Panova, adaptée pour les parkinsoniens et les séniors.