Marie-Jo Faggianelli

Interrompant des études de philosophie, Marie-Jo Faggianelli entre dans la danse par le Dojo. Elle suit les cours de l’américaine Lila Greene grâce à qui elle rencontre le chorégraphe Hideyuki Yano. Dès ses vingt ans, elle danse pour Sidonie Rochon et au cours des années 1980, elle devient l’une des interprètes phares de Karine Saporta, notamment dans Un lien d’azur dans une ville allemande (1984), une œuvre marquante. À une époque où les artistes chorégraphiques inventent une autre manière d’envisager la relation entre la danse et les arts plastiques, notamment en intervenant dans des galerie d’art selon une démarche très proche de la performance.

À partir de 1993, avec des créations comme Oreiller Slave, Moisson et Un cœur réduit à un point, elle privilégie la poésie et l’intensité intérieure, loin de l’exploit athlétique. En trois pièces, trois tableaux, Marie-Jo Faggianelli ouvre un monde où la matière est souveraine. Une matière qui s’affirme d’emblée avec rudesse : feuilles mortes, fagots, bois tressé… dans un mélange d’art pauvre et de sensualité.

Elle crée dans les années 2000 les pièces … des jardins (2000), Histoire simple (2001), Fragments intimes (2005) et Récits dispersés (2009) notamment. Sa danse, fondée sur la durée et la contemplation, ne cherche pas à éblouir mais à toucher, un art qui résiste à l’éphémère pour s’inscrire durablement dans la mémoire. Elle poursuit en parallèle de ses créations, un travail de recherche et de transmission dans le cadre de résidences artistiques.