Les corps mous#2

Vincent Lacoste

Jeudi 13 octobre 20h30

création

Ce qui nous a frappés dans les premières séances de répétitions sur Les Corps Mous, c’est que le geste est nécessairement arrêté avant sa fin, comme s’il rencontrait une sorte de déperdition l’empêchant de naître totalement à lui-même.

Ceci est lié à cette tension que crée la notion même de mollesse, qui oblige à rester dans la limite.

Limite qu’on éprouve en laissant surgir le mouvement, mais en ne l’amplifiant pas après sa naissance, en le laissant perdurer sans excès d’énergie.

Cette manière de contenir le geste crée parfois le désir inverse de provoquer la matière. Pour en tester la résistance, ou l’élasticité la manière dont elle reçoit l’énergie, le choc. D’où l’importance d’objets sur la scène, au moins pendant les répétitions. Le corps mou n’est alors plus le corps humain, mais la matière qui prédomine autour de lui.

En physique, les corps mous sont ceux qui ne tendent pas à reprendre la figure que le choc ou la compression leur a fait perdre. Ils restent
tels qu’on les a laissés. D’où ’impression d’une chose inerte, qui révèle en contraste une caractéristique opposée du vivant qui ne cesse de se relever, de se remettre d’un choc reçu.

Car c’est bien la relation entre le vivant et la matière qui est le centre de notre recherche : le mou comme état possible du corps, mais aussi le corps humain comme non réductible à cet état.

Pour ce deuxième volet des Corps Mous – performance dansée en duo, un homme et une femme -, un espace décompressé, démultiplié, capté par un système de vidéosurveillance. L’espace central homogène et blanc sera occupé par deux formes oblongues et malléables qui deviennent des assises dans lesquelles les danseurs peuvent s’enfoncer, voire disparaître. Passant d’un espace central à un espace extérieur, déjouant nos attentes, les danseurs laissent surgir des images fugitives d’eux-mêmes, parfois inquiétantes, qui évoquent la plasticité de nos corps-visages.

Une réflexion active sur le mou qui fuit, trouve d’autres chemins, s’infiltre hors du cadre qu’on lui a fixé.
Une interrogation sur le devenir, l’individuation, et la tension entre un espace confortable mais reégressif, et l’espace du lointain, de l’inconnu.

Les Corps mous#2 est précédé par Debout/Se relever dans le cadre du festival ZOA

Tarif adhérents micadanses : 10 €
Tarif plein : 16 €
Tarif réduit : 13 € / étudiants, chômeurs, – de 18 ans, intermittents
réservations : 01 72 38 83 77 / stagiaire@micadanses.fr