Amorce

Bleuène Madelaine

Jeudi 20 octobre à 20h30

création

Il s’agit d’envisager l’écriture chorégraphique comme un flux de conscience ; flux aliment à sa source par le travail de deux écrivains – le poète Charles Pennequin, le romancier Lutz Bassmann – et l’expression de deux images fortes qui en découlent : celle de l’idiotie puis la figure du zombie et de l’errance.

À la manière du monologue intérieur de Molly clôturant Ulysse de James Joyce, Bleuène Madelaine invente chorégraphiquement et mentalement un courant de conscience, un langage qui lui est propre, qui l’aide à atteindre ce qu’elle nomme « la traversée des états ».

Le « je » n’est plus forcément soi, ni un personnage, mais il se laisse traverser par toutes les possibilités d’interprétation: il est trouble et poreux.

Influencée par la danse butô, Bleuène Madelaine cherche à vivre un état émotionnel ou corporel plutôt qu’une forme.
Elle propose ainsi une réduction du mouvement : « Less is more ».
En reprenant les termes du poète Francis Ponge, elle souhaiterait danser, être présente sur un plateau de « manière intensément basse ».

Danser de manière intensément basse renvoie à son intérêt pour l’inquiétante étrangeté décrite par Freud.
Tout en ayant conscience de l’héritage écrasant de la formule de Freud, elle voudrait avancer modestement avec elle pour désorienter le sujet de la danse, l’amener à parcourir l’entre- deux, le doute, puis utiliser ce décalage pour faire œuvre.

Ce glissement, ce léger décalage, cet infime trouble qui amorce le rire ou l’angoisse, renvoie selon elle à la micro-résistance face à la réalité.

Ce presque-rien rompt la surface lisse des choses.

Entre écriture et improvisation, la chorégraphe Bleuène Madelaine cherche à restituer une danse de l’instant, à la fois puissante et ténue.

Amorce est suivi par Les plans de notre foyer dans le cadre du festival ZOA