Les Mots retenus

Scarlet

Mercredi 25 avril 2018 à 19h - Studio May b

Chorégraphie et interprétation: Scarlet
Cie La Fugue
Musique: Claude Tchamitchian

« Je ne peux pas les dire,
je n’ les comprends pas tous.
Il y en a des troublants
car ils viennent de très loin,
il y a ceux qui dérangent
et ceux qui font pleurer.
Il y a ceux qu’on balance
sans avoir réfléchi,
et puis ceux qu’on reçoit
comme le violence d’une gifle,
et puis ceux qu’on reçoit
comme une flèche en plein coeur.
Je n’ peux pas tous les dire,
ils sont bien trop nombreux
ils n’ont même plus d’oreille
ils ne servent plus à rien.
Je ne peux pas les dire
car ils sont bien trop loin.
Il y a ceux en attente
qui s’alourdissent chaque jour,
et ceux que l’on attend
qui ne viendront jamais …
Je ne peux pas les dire
je ne les connais plus … Ces Mots. »

Scarlet.

 

Pour ceux qui ne peuvent pas dire ….
…. à ceux qui ne veulent rien entendre.

 » Les Mots retenus « 
Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime…
Que fait- on de ce que l’on ne dit pas , ou sont ces mots ? Comment se construit-on autour des non dit ?
Quelles actions ont ces mots sur notre être, sur notre corps pour faire de nous ce que nous sommes ?

Je tente de retrouver au plus profond de moi, ces mots.
Je veux les faire exister hors de moi, leur donner une place ailleurs, dans un espace proche, lointain, auprès d’autres, en résonnance avec d’autres.
Sans relâche, je cherche un chemin pour laisser sortir cet intime vacarme.

Défaire ce qui a été fait, enlever, sortir, libérer ces mots, les transformer, les disperser, les partager…
L’asphyxie, l’entassement, la déformation de ces mots ainsi que la bousculade vers une sortie donnera une danse submergée ou le silence n’est plus de mise
et le souffle ne trouve pas sa place.

La libération des mots laissera place à un corps vidé d’une partie de lui même, un corps différent…
Un corps libéré de toutes formes dansantes correctes , pour aller vers une danse vrai et profonde… aller jusqu’aux origines de l’être construit par ces mots.

J’aimerais donner un sens à ce corps plein de mots qui n’en ont plus.